La préhistoire

    Jean Raymond réalisa un sondage archéologique en 1970. Le matériel fut étudié par Isabelle Margerand en 1986 qui reprit des études sur le site en 1995. Elle en dresse un bilan en 1997 :

        - rares vestiges humains (3 phalanges, 2 astragales et une dent) ;

        - tous les stades de fabrication d’outils en silex sont présents. L’outillage correspond au Paléolithique supérieur (11,5 % de grattoirs, 22,7 % de burins, 5 % de burins, 18,8 % de pièces à encoches, 34 % de lamelles et 16 pointes aziliennes) ;

        - le matériel osseux est typique du Magdalénien supérieur (un fragment d’aiguille à chas, des fragments de sagaies et une « fourchette à oiseaux ») ;

        - les restes de faune montrent une association d’espèces « froides » (renne et bouquetin), d’espèces de steppe (cheval) et d’espèces forestières (cerf, ours, sanglier, chat sauvage, ...).

 

    La grotte de Souhait a été fouillée à partir de 1955 par la S.H.A.B.E. Des recherches complémentaires ont été reprises à partir de 1981. Le site a connu de nombreuses phases d’occupation. Le niveau stratigraphique le plus ancien est mésolithique : c’est un habitat dans la grotte, sur la terrasse et aux alentours immédiats avec des restes de foyers. L’outillage est principalement formé d’une industrie sur lames où dominent des coches et denticulés latéraux (60 % des outils). De petites pièces typiques de la période tardenoisienne (microlites géométriques) s’y ajoutent ainsi qu’un poinçon en os. Le cerf domine parmi les restes de la faune avec le sanglier et le chevreuil.


Industries microlithique (le Mopart - musée de Briord)

 

    Dans la grotte de Souhait, un important horizon néolithique fait suite aux niveaux mésolitiques. Toutefois, le site n’est plus un lieu d’habitat mais il prend une fonction purement sépulcrale : 7 tombes ont été mises au jour contenant les restes de 22 sujets : (17 adultes entre 20 et plus de 60 ans, 2 adolescents de 17-18 ans et 3 enfants de 3-4 à 7 ans). L’utilisation funéraire du site dans la durée est indiquée par la coexistence d’inhumations primaires (13) et secondaires (8). Parmi les inhumations primaires, 11 présentent le sujet en position contractée dite « fœtale » et 2 livrent des sujets étendus sur le dos. Sur les 7 tombes, 2 sont en pleine terre et 5 sont formées d’un caisson ou coffre de dalles contenant le ou les corps (tombes à ciste). Le mobilier est présent dans 4 tombes : hachette en pierre polie,  poinçon en os, céramiques (dont un petit vase dit « tasse de Lagozza »), outils en silex, perles de calcaire, coquillages, ... L’un des crânes retrouvés montre une grande lacune osseuse due à une trépanation à laquelle le sujet survécut, semble-t-il. Les tombes à ciste et leur mobilier permettent de rattacher cette petite communauté  au Néolitique moyen de type Chasséen nettement influencé par des groupes culturels suisses dits Cortaillod-La Lagozza, vers 3500 à 3000 ans avant J.-C.

Céramiques dites "de Lagozza"